Ces nouvelles ont peut-être à présent un peu vieilli, mais elles sont très certainement à l’origine d’un style onirique pseudo-fantastique qui transforme en allégories la conscience humaine, ses questionnements, ses facettes. Qui met en évidence ses points faibles en modifiant le cadre, en rajoutant quelques coups de pinceaux qui lui sont propres et en en suscitant une version beaucoup plus imagée.

Buzzati a su donner une sorte de quatrième dimension à la perception de ses histoires. Il y a mis de lui-même, sa vision rendant plus pertinents des sujets dont la simple évocation n’aurait pas eu le même effet.

Ses nouvelles ne se valent pas toutes, ont parfois un peu pris la poussière, mais on y trouve un petit quelque chose de Boulgakov, dans une version plus édulcorée qu’est ce format de récits de trois ou quatre pages… Parfois un peu trop édulcorée d’ailleurs (où se situent véritablement les limites de la nouvelle, néanmoins…).

Toutes n’ont pas atteint leur but, en ce qui me concerne, et, même si j’ai été un peu déçue dans l’ensemble (question de rythme, de fond,… ?), je reconnais une vraie inventivité dans la forme. Un petit côté magique très plaisant et une originalité parfois déroutante…

Qu’il s’agisse de cet homme qui s’aperçoit que la poche de son veston lui apporte de l’argent dès qu’il y porte la main, de ces jeunes filles qui tombent allègrement d’un gratte-ciel, de ces bosses qui poussent dans le jardin à chaque disparition d’un ami, de la vraie histoire de la construction de la Tour Eiffel, d’un instant de l’enfance d’Hitler ou des tourments provoqués par un soudain don d’ubiquité, il faut reconnaître la créativité de l’auteur et je le fais de bonne grâce…

Mais il m’a manqué une part d’enchantement pour combattre complètement l’ennui.

Chronique par Virginie

Son blog :

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