… une déception.
On sent pourtant que l’auteur a mis du cœur à l’ouvrage pour ce récit, intitulé Les marais du temps. Il a même trouvé un stratagème pour faire voyager nos héros belges à une époque qu’il affectionne et dans un quartier parisien où il a habité : voilà Spirou, Fantasio, Spip, le comte de Champignac et Zorglub téléportés dans le quartier du Marais au 19e siècle. Un soin est apporté à la documentation, jusque dans l’usage de l’argot local.
Sous la plume et les pinceaux de Le Gall, on s’attendait bien entendu à retrouver un petit parfum nostalgique plutôt que de la modernité : ainsi, Fantasio et le comte retrouvent leur physionomie d'antan - période Il y a un sorcier à Champignac - , et l’apparence de l'écureuil Spip renoue carrément avec celle de Jijé ! Techniquement, il n’y a pas grand chose à reprocher au classicisme (presque hergéen) du dessin.
Alors, qu’est-ce qui cloche ? Malgré toute l’application et le talent de Le Gall, la sauce ne prend pas. Il y a la nostalgie des premiers Spirou de Franquin, mais on n'en retrouve ni l’efficacité, ni la fraîcheur, ni l’humour ravageur. Le nouveau plan foireux de Zorglub n’est pas original. Les rebondissements du scénario sont trop ouvertement rocambolesques. On peut même parler d’une forme de deus ex-machina lorsqu’apparaît, par exemple *** ATTENTION : SPOILERS ***, le petit neveu du biologiste : malgré son jeune âge, l'enfant s'avère être un génie de la mécanique capable de réparer une machine à remonter le temps. Sans oublier que grâce à la lecture des aventures de Spirou, ce petit surdoué parvient à comprendre les messages de Spip. Un peu gros, non ?
Il n'est pas nécessaire d'être réaliste pour être crédible, mais l'intrigue manque d'une logique fluide, où l'on ne sent pas les ficelles de l'auteur pour parvenir à ses fins.
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