L’amour est un diamant si rare qu’on continue à le chercher longtemps après l’avoir trouvé. La mort est le diamant que personne ne cherche parce que c’est toujours lui qui vous trouve."
Et débute alors l’histoire de Vernish, le singe qui aimait les fleurs. Un peu simple d’esprit, Vernish sert de tête de Turc à la tribu. Et puis d’abord comment peut-on être assez stupide pour aimer les fleurs ? Ca ne sert à rien et il y en a plein la jungle…
A partir de là, on s’attend à une fable gentille à la manière du Vilain petit canard : la sensibilité de l’individu l’emporterait sur la bêtise du troupeau. C’est tout l’inverse. Le singe qui aimait les fleurs est une fable triste et âcre. En quête désespérée d’un ami, Vernish ne rencontrera que mensonge, manipulation, violence. La fin de l’histoire est aussi celle de toutes les illusions ; elle vous laisse un goût amer dans la bouche.
Or l’amertume est un goût appréciable, pour peu qu’il ait une certaine puissance, comme un café noir serré. Ce n’est malheureusement pas le cas ici. Jean-Claude Krassinsky ne parvient pas à nous attacher assez à ses personnages pour que leur sort nous inspire autre chose qu’une pitié trop vague. Krassinsky donne en exergue une citations de Steinbeck : "et comme l’histoire a été si souvent racontée, elle est enracinée dans la mémoire de tous. Mais tels les vieux contes qui demeurent dans le cœur des hommes, on n’y trouve plus que le bon et le mauvais, le noir et le blanc, la grâce et le maléfice – sans aucune nuance intermédiaire." Krassinsky annonce ses intentions : sortir du manichéisme. Il n’a pas tort, bien entendu. Mais, pour maintenir l’attention dans une légende ou un conte (puisque cette histoire est présentée comme telle), encore faut-il éviter qu’à force d’explorer les nuances intermédiaires tout devienne gris.
Chronique par Geoffroy d’Ursel
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