à la narration hermétique.

Si l’auteur, Daphné Collignon, a pris un malin plaisir à jouer sur l’ambiguïté des personnages, la non-linéarité de l’intrigue, ou encore les non-dits… elle a clairement fait déborder les dosages.

Nous sommes ici carrément plongés dans la névrose d’une jeune et belle peintre (aux airs de Monica Bellucci). Entre quelques séquences "normales" de dialogues, déferlent devant nous des bouts de poèmes en prose désespérés, des flashs, des flashbacks, des zooms de toiles… pour former une histoire psychologique d’arts et d’essai décousue. La plupart des personnages principaux se ressemblent à s’y méprendre, et, pour couronner le tout, certains décident même de changer de prénom. On n’est pas loin du récit déstructuré et incompréhensible Chien rouge, chien noir de Bézian.

Les deux tomes de Coelacanthes valent surtout d’être consultés pour le plaisir des yeux esthètes. Les lire provoque confusion et humeur maussade (le thème est aussi basique que dramatique).

En espérant qu’elle trouve ou réalise un scénario un peu mieux maîtrisé, la jeune Daphné Collignon est un talent à suivre, c’est une évidence. La force des images est là.

Chronique par Louis St-Jo