une dizaine de tomes très inégaux (pour ne pas dire parfois franchement décevants). Malgré un changement de scénariste, aucune rupture de style n’est perceptible entre ce trentième tome et le précédent. Au point que je soupçonne d’ailleurs Jean Van Hamme d’avoir déjà délégué à Yves Sente une large part du travail dans les quelques albums antérieurs, pour tester les compétences du candidat repreneur.

Et l'art de Rosinski ? Ses planches peintes sont merveilleuses, plus fouillées  et plus réussies encore que dans le précédent opus. Ce changement d’esthétique de la série rime avec changement de génération puisque c’est à présent bel et bien le fiston du héros, Jolan, qui endossera le rôle principal.

Comme me le confiait Grzegorz Rosinski il y a deux ans : "La saga Thorgal n’est pas classique, on peut tout y faire : elle n’est ni tout à fait de l’heroic fantasy, ni roman historique, ni saga familiale, ni une histoire de science-fiction, mais un peu de tout ça à la fois. On a ouvert la série avec tellement de possibilités qu’il n’est plus possible d’être à court d’idées."
A court d’idées non, mais s’il y a un point qu'on peut reprocher, c’est une certaine répétition qui guette régulièrement les auteurs : tout le monde fera le parallèle entre ce qui arrive à Jolan dans cette histoire-ci et ce qui est arrivé à son père dans Les trois vieillards du pays d’Aran.

Malgré cela et même si la grande époque de cette série unique en bande dessinée est loin derrière, Moi, Jolan est vraiment un bon album, car il me fait tout simplement reprendre goût au feuilleton.

Chronique par Joachim

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